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Notre sant√© n’est pas un commerce

Mais la Mutualit√© en est bien un !
mercredi 27 septembre 2000

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Monsieur Davant, votre diatribe √† 110 F l’unit√© ne retiendra pas mon attention, et je me contenterai des extraits lus dans la presse g√©n√©rale et dans, je vous cite, « les publireportages » de notre presse professionnelle.

Notre sant√© est pourtant bien un commerce, et la couverture du ticket mod√©rateur par les divers intervenants aussi : pour preuve la bagarre commerciale entre les mutuelles et les assurances et entre la mutualit√© et la s√©curit√© sociale pour le contr√īle de la part compl√©mentaire des CMUistes, et vous ne ferez pas admettre que c’est par pure philanthropie.

Notre santé n'est pas un commerce - Davant- Seuil septembre 2000./ OpiMed - Commander ce livreN’ayant pas trouv√© d’autocritique dans les extraits publi√©s, je vais m’appliquer √† d√©noncer quelques dysfonctionnements et abus des mutuelles que vous regroupez.
Le comportement "assureur" avec s√©lection des risques : une personne de plus de 60 ans ou un grand malade sans couverture compl√©mentaire a le plus grand mal √† trouver une mutuelle qui veuille bien la prendre en charge. Les √©conomies "sur le dos de la s√©curit√© sociale" : les patients b√©n√©ficiant de l’exon√©ration du ticket mod√©rateur pour ALD (pris e en charge √† 100 % par la s√©curit√© sociale) ne voient pas leur cotisation mutuelle all√©g√©e. Les √©conomies "sur le dos des assur√©s" : les m√©dicaments non pris en charge par la s√©curit√© sociale ne font l’objet d’aucun remboursement par les mutuelles alors qu’un taux de 10 √† 30 % me para√ģtrait raisonnable √©tant donn√© qu’ils ont obtenu une AMM par les pouvoirs publics. Les escroqueries "sur le dos des assur√©s" : je pense aux "affaires" de financement occulte de partis politiques sans m’√©tendre davantage les dossiers √©tant en cours d’instruction.

Le m√©decin de famille assiste impuissant √† l’affrontement des lobbies (Mutualit√©, industrie pharmaceutique...) mais il n’est pas responsable de tous les maux notamment en mati√®re de m√©dicaments o√Ļ je crois qu’il faudrait se poser les bonne questions.

Pourquoi l’AMM n’est-elle pas d√©livr√©e du d√©part pour un temps d√©termin√© (5 ou 10 ans) avec r√©vision automatique √† la fin du d√©lai ? Avec son corollaire, pourquoi les pouvoirs publics donnent-ils une AMM √† des mol√©cules sans int√©r√™t ?

Pourquoi les g√©n√©riques ne s’imposent-ils pas en France ? Et pourquoi ne sont-ils pas syst√©matiquement utilis√©s dans les h√īpitaux ? Peut √™tre par ce que la sant√© est bien un commerce, apparemment tr√®s rentable car prot√©g√© et financ√© par la collectivit√© ; les profits de l’industrie pharmaceutiques sont importants et soutenus ; peu de secteurs d’activit√© peuvent se targuer d’une telle croissance sur les 20 derni√®res ann√©es.

Pour ce qui est des médecins et notamment des généralistes, et les dernières statistiques des AGA en attestent, leurs revenus en 99 ont baissé sous le poids des charges même si la masse totale des honoraires était pourtant à la hausse.

Enfin vos attaques acerbes √† l’encontre du corps m√©dical me rappellent celles des politiques qui ne nous trouvent des vertus qu’en deux circonstances : lorsqu’ils sont malades ou √† l’approche des √©lections.

Notre sant√© n’est pas un commerce. Editions du Seuil. Septembre 2000. 165 pages, 110 F.

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