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Economie médicale

A propos de l’actualisation des honoraires médicaux

Conscience et sécurité

mercredi 15 mars 2006, par Jacques Delpuget

Sans discuter de son importance, nous constatons que le réajustement du tarif de la consultation du généraliste a été décidé aprÚs cinq années de stagnation.

Cela nous rappelle 2003, quand les spécialistes avaient été exclus pendant sept ans de l’évolution économique du pays. Nous n’osons imaginer comment réagiraient des salariés du privé ou du public, bien que sans frais professionnel, si leur salaire et avancement étaient bloqués pendant cinq ou sept ans.

Actuellement sur le terrain, le médecin libéral, quelle que soit sa spécialité, devient, malgré lui, un chef d’entreprise. Il loue des locaux, emploie du personnel dont les salaires évoluent, et doit se munir d’appareils techniques fréquemment renouvelés, toujours assortis de grosses factures. Tout cela est simple et nécessite peu de connaissances de gestion, tant que l’entreprise n’évolue pas.
Mais voilà, du fait de l’absence de concurrence, liée à la pénurie médicale, arrive un moment où il devient impératif de s’agrandir pour répondre aux besoins d’une population plus demandeuse, plus nombreuse et vieillissante. Alors comment faire des projets, des emprunts, quand on ignore l’évolution des seules entrées que constituent les honoraires ?
Face à ces difficultés, et si sa santé le lui permet, le médecin, en ce climat de pénurie de confrères, s’engouffre dans un surmenage bien anachronique, difficile à vivre, même sur le plan personnel. Et il voit mal se profiler la possibilité d’organiser son travail vers plus de capacités et de sérénité. Il a l’impression de travailler dans un secteur déstructuré, fermé à tout projet.

Il est temps de sortir de ce système de régulation tarifaire inadapté, de ces négociations effrénées et grotesques, donnant une triste image de la profession.
La solution la plus logique est d’indexer annuellement les tarifs de l’ensemble des honoraires médicaux sur un indice économique national.
Il est également souhaitable d’envisager l’unification des tarifs de consultations des généralistes et spécialistes. Ce n’est que justice, la durée de formation étant identique, et les consultations animées du même esprit de responsabilité.
Reste le problème du matériel technique. Il est plus ou moins lourd suivant la spécialité et les actes pratiqués. La solution est peut-être dans des prêts à taux minimes et la possibilité d’amortissements personnalisés consentis par les services fiscaux. Aujourd’hui tout médecin doit pouvoir acquérir le matériel le plus adapté à son efficacité. C’est un problème de conscience mais aussi de sécurité.

Messages

  • On demande aux assurés sociaux d’être "responsables", et par là donc d’éviter les dépenses inutiles pouvant nuire à la santé de la sécurité sociale. Je suis pour, mais dans ce cas, il faut vraiment que tout le monde y mette du sien.

    Pourquoi prélever 1 euro sur les consultations des malades si, par la suite, on augmente le tarif de responsabilité (22,00 € au 1ER Juillet 2007 et peut être 23,00 € au 1 ER Juin 2008).

    Pourquoi les assurés doivent-ils faire des efforts alors que les professionnels de santé ne cessent de réclamer des augmentations.

    Je pense que vous devriez arrêter de vous plaindre.

    Actuellement, la CSG et la CRDS amputent mon salaire net de la somme de 155,00 € tous les mois soit 1860,00 € par an. Nous sommes, je pense, environ 30 millions dans ce cas, et peut être plus. La recette pour ces prélèvements s’élève dans ce cas à 55 milliards et 800 000 Euros par an.

    Si quelqu’un pouvait m’expliquer où passe cet argent, je me sentirais mieux, ou alors il faudrait trouver un vrai gestionnaire qui sache faire bon office de ces revenus.

    Depuis 1991, ces prélèvements ont du, me semble t-il combler quand quelques trous mais apparemment pas les bons.

    Alors, Messieurs les médecins, essayez de faire l’effort de ne pas vous plaindre car des gens qui ont fait 7 ans d’études après le BAC touchent actuellement 1400,00 € net par mois, voire moins dans certains cas, et doivent supporter tous les mois la mauvaise gestion faite des fonds publics.

    Reflechissez à tout ceci et essayer de proposer des solutions viables n’entraînant pas de nouveaux prélèvements sur les assurés.

    • Quelques précisions utiles concenant l’activité d’un médecin généraliste (MG). Etudes = 10 ans (dont 1 an de prépa ; durée minimale pour avoir un quelconque dipôme) - temps de travail hebdo moyen = 56 heures (sans compter le temps passé le WE à gérer de l’administratif. Durée moyenne de vacances anuelles = 4 semaines. Responsabilité = très importante (c’est la vie santé des patients !). Disponibilité = importante (urgences, journées à rallonge, déplacements contraignants). Formation continue = importante.
      La pénibilité de la profession doit quand même être significative puisque la profession est en tête du niveau de suicide, puisque les MG qui s’installent sont de moins en moins nombreux (fuite importante vers le salariat), etc. Tenir compte également d’une couverture sociale déplorable (maladie, accident, retraite), de la mévente des clientèles, de la difficulté à se faire remplacer, etc.
      Le bénéfice moyen d’un MG est actuellement de 63000 € annuel. Si on le rapporte à un temps-équivalent salarié (35 heures, durée des vacances, etc), on arrive à un REVENU MOYEN DE 2290 € PAR MOIS.
      Ce n’est donc vraiment pas l’el dorado financier que bcp caricaturisent, et prôner le blocage des honoraires (dans un contexte de continuelle augmentation des charges) est nécessairement indécent.

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