Mon testami

Un généraliste idéal
mercredi 28 février 2007

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Le testami est un testament-bourrasque, un cyclone autour des crĂąnes chauves de la plupart d’entre nous, qui avons si peur que notre propre dĂ©clin de mĂ©decins gaulois nous tombe sur la tĂȘte, ou se fatalise de par la volontĂ© de nos gouvernats droitiers aux maniĂšres si gauches, puis de leurs Ă©nantiomĂšres, les dĂ©magogues adroits du bord gauche.

Un testami est une formation climatique, non pas née pour brouiller son initiateur avec ses meilleurs amis, mais pour éveiller les esprits à la non-quadraturisation du cercle des internistes oublieux que nous sommes.


Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al est un homme dont le fils sera lui aussi gĂ©nĂ©raliste. Or, six pour cent des fils de gĂ©nĂ©raliste le sont aussi. Et comme la moitiĂ© d’entre eux n’a rĂ©coltĂ© que la sottise de leur pĂšre comme adjuvant de pĂ©rennisation, on peut dire que seulement trois pour cent des gĂ©nĂ©ralistes ont atteint Ă  l’idĂ©al.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al est un homme qui n’a pas besoin d’ĂȘtre une femme pour parler avec douceur aux enfants. Et s’il est devenu femme, qu’elle ne privilĂ©gie pas plus sa vie de famille que son prĂ©dĂ©cesseur ne faisait l’imbĂ©cile Ă  la sacrifier, par idĂ©al.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al est un type qui n’a pas su retenir sa femme uniquement par maintien de la sĂ©curitĂ© d’emploi, mais qui en mĂȘme temps ne se trouve pas cocufiĂ©, par le corps ou par l’esprit, dans les moments oĂč lui-mĂȘme trompe son ennui conjugal dans la vertu des autres causes.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al apprend Ă  perdre un peu d’argent quand il faut, car parfois le malheur des gens sait ĂȘtre insolvable comme un mĂ©dicament perdu en phase 2, mais si souvent il sait s’ouvrir Ă  nous, si lucratif.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al est pĂ©dagogue dans son ignorance comme dans son savoir. Il ne s’inscrit dans aucune militance tranchĂ©e, car de deux choses l’une, oĂč bien son militantisme va l’Ă©loigner de ses malades, ou bien le rapprocher de ses Ă©lecteurs. Dans les deux cas, il ne saura plus ĂȘtre mĂ©decin, mais c’est un choix. Il aura tort alors, de continuer Ă  se faire appeler "docteur", ou pire "ancien docteur".
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al n’est pas tout Ă  fait prompt Ă  s’entendre dire que cinquante pour cent des connaissances se neutralisent tous les cinq ans. Ou s’il l’avoue Ă  moitiĂ© vrai, il sait encore mieux que trente pour cent des lois de sagesse se pervertissent tous les matins.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al c’est le dĂ©mazouteur bĂ©nĂ©vole des oiseaux de l’Erika. Il reçoit son malade sur une plage tranquille (de son agenda), lui ouvre le bec dĂ©jĂ  prĂȘt Ă  dĂ©verser ses galettes d’exigence, lui secoue les ailes pleines de sincĂ©ritĂ©s polluĂ©es, et ne regarde que trĂšs tard si l’oiseau veut se laisser plumer, ou prĂ©fĂšre s’envoler.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al est celui qui se dĂ©pĂȘche de dire qu’il ne sait pas, plutĂŽt que d’expĂ©dier en faisant croire qu’il sait.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al sait que tout se joue dans son bureau, quand les mĂ©dias, les diktats, les n’ya ka et les fokeu sont pendus au vestiaire. PrĂ©voir, Ă  cet effet une extension de vestiaire.
Un gĂ©nĂ©raliste idĂ©al est un forme artistique qui n’existe pas plus que la mĂ©decine gĂ©nĂ©rale elle-mĂȘme. Un idĂ©al gĂ©nĂ©raliste est plus commun. Plus rĂ©el. On peut le croiser tous les matins en se rasant la barbe dure des journĂ©es qui commencent mal. Pour l’idĂ©al au fĂ©minin, remplacer barbe par jambe, et matin par quinzaine.


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