Vioxx : le principe de précaution appliqué aux médicaments

samedi 2 octobre 2004

Le retrait de Vioxx (rofécoxib) a été annoncé par les laboratoires Merck Sharp and Dhome (MSD). L’anti-inflammatoire, lancé à grand renfort publicitaire dans 80 pays et disponible en France depuis avril 2000, est l’un des deux médicaments inhibant sélectivement la Cox-2.

Cependant, l’intérêt des coxibs demeure controversé, l’amélioration du service médical rendu étant limitée en dépit de la tentative de dissocier les actions anti-inflammatoires et antalgiques des effets gastro-intestinaux indésirables. Par ailleurs, l’existence de possibles conséquences cardiovasculaires est apparue partiellement confirmée par les résultats préliminaires de l’essai APPROVe.

Il est certes possible de s’interroger sur les motivations qui ont pu conduire le groupe pharmaceutique à se défaire de son blockbuster, sans même tenter des adaptations. La déclaration de Raymond Gilmartin, président de MSD, est résolument altruiste : cette décision "sert au mieux l’intérêt des malades."

Après la suppression de la cérivastatine par Bayer, et au-delà de l’anecdotique avenir boursier de la firme et de la tentative de récupération du marché par Pfizer, ce nouveau retrait volontaire confirme une tendance. Cette question de fond, déjà posée dans d’autres domaines, concerne à présent la médecine : le principe de précaution doit-il primer l’expérimentation ?

Voir en ligne: ForuMediaMed.

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